Faïence et crédence de cuisine à Bandol : le mur le plus regardé de la maison
Une crédence de cuisine occupe rarement plus de trois ou quatre mètres carrés. C’est pourtant la surface carrelée que l’on regarde le plus dans une maison : elle se trouve à hauteur d’yeux, elle est éclairée en lumière rasante par les réglettes sous meubles hauts, et on la fixe plusieurs fois par jour en préparant les repas. Chaque défaut d’alignement s’y voit dix fois plus que sur un sol.
Cette lumière rasante est notre principale contrainte. Un mur de cuisine n’est presque jamais parfaitement plan : il porte les traces de l’ancienne faïence, un enduit repris, parfois un léger ventre. Poser dessus sans redresser revient à accepter que chaque carreau dépasse légèrement de son voisin, et le spot fera le reste. Nous redressons donc le support dès que l’écart dépasse la tolérance, plutôt que de rattraper à la colle.
Nous posons tous les formats et toutes les matières utilisés en crédence : métro biseauté, zellige artisanal, mosaïque sur trame, grand format en dalle unique sans joint apparent, carreau de ciment mural, et bien sûr la faïence classique. Nous réalisons également les retours de fenêtre, les habillages de hotte et les jonctions avec le plan de travail.
Le point technique le plus délicat reste toujours le même : les découpes autour des prises électriques. Sur une crédence, les prises sont alignées à hauteur constante et se retrouvent souvent au milieu d’un carreau. Une découpe propre, centrée, avec un jeu régulier tout autour, fait la différence entre un travail d’artisan et un bricolage.

On part du haut visible, pas du plan de travail
L’instinct pousse à poser la première rangée sur le plan de travail. C’est une erreur si le plan n’est pas parfaitement horizontal, ce qui arrive plus souvent qu’on ne croit sur des meubles réglés à la va-vite. La rangée suit alors la pente du plan et l’écart s’accumule jusqu’au haut de la crédence, où il devient flagrant sous les meubles hauts.
Nous traçons donc un niveau laser et nous partons de la ligne la plus visible — généralement le dessous des meubles hauts — pour que la coupe éventuelle tombe en bas, contre le plan, où elle sera rattrapée par un joint souple et masquée par les appareils posés dessus.
Le calage horizontal se calcule ensuite pour que les coupes latérales soient symétriques, et surtout pour qu’aucune coupe fine ne tombe dans un angle sortant ou juste à côté de la hotte. Sur un métro posé en décalage, on vérifie aussi que le demi-carreau de départ ne crée pas un rythme bâtard dans l’axe de la fenêtre.
Toutes ces décisions se prennent en dix minutes, avant de coller. Elles ne coûtent rien et elles font l’essentiel du rendu final.
Poser une crédence ou une faïence murale
Un chantier court, mais qui ne supporte aucune approximation.
- 01
Dépose et contrôle du mur
Dépose de l’ancienne faïence, grattage des colles, contrôle de la planimétrie à la règle et repérage des zones à redresser.
- 02
Redressement et primaire
Enduit de redressement sur les zones hors tolérance, primaire d’accrochage adapté au support, protection du plan de travail et des meubles.
- 03
Tracé au laser
Report du niveau, calage vertical depuis la ligne la plus visible, répartition des coupes latérales et vérification autour de la hotte.
- 04
Découpes autour des prises
Repérage précis des boîtiers, découpe à la scie cloche ou à la meuleuse selon la matière, jeu régulier tout autour du boîtier.
- 05
Pose et calage
Colle adaptée à la matière, blanche pour les zelliges et les carreaux clairs, croisillons réguliers, contrôle du niveau rangée par rangée.
- 06
Joints, silicone et finitions
Joint teinté, souvent époxy derrière la plaque de cuisson, silicone sanitaire à la jonction avec le plan de travail, nettoyage complet.

Métro, zellige ou grand format : trois écoles
Le carreau métro biseauté reste le plus demandé. Il est économique, intemporel, et son biseau accroche la lumière de façon très graphique. Son inconvénient est le nombre de joints : dans une cuisine, ces joints reçoivent des projections de graisse et doivent être époxy derrière la plaque de cuisson, sans quoi ils jaunissent en un an.
Le zellige artisanal joue exactement l’inverse : sa surface irrégulière, ses nuances et ses légers défauts de cuisson font tout son charme. Il exige une pose lente, un tri permanent et une acceptation de l’irrégularité — nous prévenons toujours nos clients que le résultat ne sera pas régulier, c’est le principe même de la matière.
Le grand format en dalle unique, enfin, supprime les joints derrière le plan de cuisson. Une dalle de 120 x 260 en grès cérame couvre une crédence entière d’un seul tenant : entretien minimal, effet spectaculaire, mais manipulation délicate et coût élevé. C’est la solution la plus simple à vivre au quotidien.
Une crédence, poste par poste
Sur une petite surface, le prix au mètre carré n’a aucun sens : c’est le temps de préparation et de découpe qui compte.
- Dépose de l’ancienne faïence et protection des meubles
- Redressement du mur là où la lumière rasante le trahirait
- Tracé laser et répartition symétrique des coupes
- Découpes propres et centrées autour des prises et interrupteurs
- Joint époxy derrière la plaque de cuisson
- Silicone de jonction avec le plan de travail et nettoyage complet
Autres poses murales

Carrelage de salle de bain
Même exigence de planimétrie murale, avec en plus l’étanchéité sous carrelage.

Mosaïque
Sur trame ou en vrac, pour une crédence ou une salle de bain : support plan et colle blanche obligatoires.

Pose de carrelage intérieur
Le sol de la cuisine, souvent traité dans le même chantier que la crédence.
Faïence de cuisine : vos questions
Quelle hauteur de crédence prévoir ?
La hauteur classique va du plan de travail au dessous des meubles hauts, soit environ 55 à 60 cm. Dans une cuisine sans meubles hauts, on monte souvent jusqu’à 90 cm ou jusqu’au plafond pour éviter une ligne d’arrêt arbitraire au milieu du mur.
Faut-il un joint époxy en cuisine ?
Derrière la plaque de cuisson, oui, c’est vivement recommandé : les projections de graisse s’incrustent dans un joint ciment et jaunissent. Sur le reste de la crédence, un joint ciment hydrofugé de bonne qualité suffit largement.
Peut-on poser une crédence sur l’ancienne faïence ?
Techniquement oui, après ponçage et primaire, mais le résultat dépend entièrement de la planimétrie de l’existant. Sur une petite surface très regardée, nous préférons généralement déposer : le gain de temps ne compense pas le risque de rendu.
Le zellige est-il difficile à entretenir ?
Il est émaillé en surface, donc lavable, mais ses irrégularités retiennent un peu plus les projections. Derrière une plaque de cuisson très utilisée, prévoyez un joint époxy et un nettoyage régulier plutôt qu’un décrassage annuel.
Combien de temps dure la pose d’une crédence ?
Un à deux jours pour une crédence classique, en comptant la dépose, le redressement éventuel et le jointoiement le lendemain. Une pose en zellige ou en mosaïque demande souvent une journée supplémentaire.
Intervenez-vous avant ou après la pose des meubles ?
Après la pose des meubles bas et du plan de travail, et si possible avant l’installation définitive de la plaque et de la hotte. C’est l’ordre qui donne les coupes les plus justes et le moins de risque de rayure.
Cuisines : nos communes d’intervention
Une crédence à refaire ?
Envoyez une photo du mur et les dimensions entre plan de travail et meubles hauts : nous chiffrons rapidement.
